Métal


En 1997, dans la période qui suivit le décès de Guendune Rinpoché, quelques-uns de ses disciples avaient commencé la réalisation d’un stoupa reliquaire, destiné à recevoir ses cendres, comme cela se pratique traditionnellement pour un grand lama. Certains, encouragés par Kunzig Shamar Rinpoché, souhaitaient aussi ardemment que soit réalisée une statue de ce grand maître de la Lignée qui puisse un jour être offerte à Sa Sainteté le Gyalwa Karmapa. Ces deux projets ont donc nécessité la mise en place d’un atelier de fonderie, ici à Kundreul Ling. 
Le projet de la statue de Rinpoché sera une sorte d’aboutissement de tout un apprentissage à travers lequel il faut aussi voir un souci de préserver la tradition de la fonderie dans notre Lignée. Cette tradition est train de se perdre petit à petit. Comme nous partons pratiquement de rien, il est nécessaire dans un premier temps d’acquérir des connaissances et des savoirs faire dans le domaine de la fonderie. 
Pour cette raison, Claire, responsable de cet atelier, qui bénéficiait déjà d’une formation dans le modelage et de 12 ans d’expérience professionnelle (en décoration, moulage plâtre, terre, etc.), est partie faire un stage pour apprendre les bases de la fonderie telle qu’on la pratique en occident.
Grâce au concours de particuliers qui mettent à disposition leur matériel personnel, elle s’exerce en travaillant sur des pièces du stoupa, des frises de lotus, relativement simples à réaliser. Ce qui lui permet d’observer, de faire des expériences et d’approfondir son savoir pour être en mesure de le transmettre un jour. 
Au printemps prochain, elle partira en Inde, et notamment au Sikkim, pour continuer sa formation auprès d’artistes indiens, et tibétains. 
Ce sera aussi une bonne occasion pour rechercher sur place de la documentation. 
Les artistes indiens arrivent à réaliser des œuvres magnifiques et d’une grande finesse avec peu de moyens comparés à ceux que nous mettons en œuvre ici en Occident. L’idée serait de combiner les deux car nous ne disposons pas, ici au Bost, de tout le matériel nécessaire, et beaucoup de choses sont encore à améliorer.
Le Stoupa
Un premier stoupa avait été réalisé par Gérard Guinot (l’auteur de la grande statue du Bouddha Sakyamuni dans le Grand Temple), mais le Conseil des Lamas a décidé, avec l’aval du Gyalwa Karmapa, d’en faire construire un plus grand, dont les cotes et proportions sont déterminées d’après un texte de Kakyab Dordjé, le XVeme Karmapa. Ce nouveau stoupa qui mesurera 1 m X 1 m à la base pour 1 m 70 de haut sera placé dans le Grand Temple du Bost. 
Il sera réalisé en plusieurs étapes :
- La structure a été confiée à Gérard Guinot. L’architecture générale est prévue en cuivre armé à l’intérieur pour pouvoir soutenir le poids de la flèche en bronze et des rouleaux de mantras qui le rempliront. 
- Les ornementations seront réalisées à Kundreul Ling, en bronze, (selon le procédé à cire perdue) et seront ensuite rapportées sur le stoupa.
Puis viendra la finition comprenant la ciselure du bronze, le sertissage de pierres précieuses et la dorure. 
Et enfin le remplissage avec différentes substances précieuses et enfin la consécration, car un tel stoupa est avant tout un support de grande bénédiction. 

Pour l’instant certaines parties ont déjà été réalisées par Gérard : le trône (la partie
basse avec les marches) et boumpa (la partie ronde supérieure), le moulage en silicone de la sculpture des pétales de lotus dont un petit nombre a été réalisé en bronze intégralement sur place et la sculpture sur terre d’un patra (un motif ornemental représentant des entrelacs végétaux).
La Statue de Rinpoché
Un modèle de cette statue a déjà était réalisé en argile armée de coton (méthode traditionnelle orientale) par Lama Kunkyab. Elle fait environ 30 cm de haut. 
Pendant l’hiver 2000 (trois ans exactement après le départ de Rinpoché) Lama Kunkyab, a qui la Sangha avait confié ce travail, s’est mis en retraite quelques semaines pour réaliser cette statue, écoutant les différents avis de proches disciples de Guendune Rinpoché et surtout de Shamarpa qui a souhaité y apporter des modifications (concernant la coiffe et la position des mains notamment).
Aucune finition n’a été réalisée sur l’argile, cette étape étant destinée à être réalisée sur une épreuve en cire tirée après le moulage en silicone de la statue. Actuellement, le moule a été réalisé, et le travail de retouche sur cire devrait pouvoir commencer en fonction de la disponibilité de Lama Kunkyab et de Claire.  
Le modèle présente quelques difficultés techniques dans la mesure où on cherche une grande qualité et qu’il y a beaucoup d’inconnues. D’autre part, l’opération qui consistera à séparer les pièces (bras, têtes) s’avèrera très délicate du fait de la complexité du sujet, de petite taille, qui plus est, ce qui ne facilite rien. Elle sera réalisée dans un bronze précieux (contenant de l’or). Elle devrait aussi contenir des cendres de Guendune Rinpoché.
Plusieurs exemplaires de cette statue devraient être réalisés pour les grands centres de Lama Guendune Rinpoché mais en série très limitée et il n’y aura pas de représentation en plâtre.
Pour le moment, seule la coiffe de la statue a été réalisée intégralement.
 
Les Différents Techniques :

La technique de la cire perdue 
1 - Faire un original en cire : 
soit par sculpture directe dans la cire (mais dans ce cas l’original se perd) 
soit par reproduction en ayant d’abord réalisé au préalable un moulage de la pièce originale dans une autre matière (ce qui permet de faire des copies 
2 - Sur l’original en cire, on soude des canaux en cire qui vont permettre d’assurer l’alimentation en métal (le jet) et l’évacuation des gaz et de l’air au moment de la coulée (les évents). 
3 - Réalisation du moule de fonderie sur tout cet ensemble avec un mélange de plâtre et de réfractaire (brique pillée) et de crottin de cheval (pour rendre le moule poreux).
4 - Décirage : on positionne le moule à l’envers dans un four, et avec une chauffe très lente, on le fait cuire pour que toute la cire fonde, sorte du moule et soit brûlée. Le moule est prêt pour la coulée.


5 - Coulée du métal : on fait fondre le métal contenu dans le creuset, dans un four. Lorsque le métal en fusion atteint 1150° on le coule dans le moule.
6 - Décochage : on laisse légèrement refroidir (quelques minutes) puis on " décoche ", c’est à dire qu’on casse le moule au marteau (délicatement), puis on finit le nettoyage au carcher. 
7 - On tronçonne à la disqueuse les jets et les évents. La pièce est libre. 
8 - Finition : on peut commencer la ciselure, puis la patine ou la dorure ou la peinture.
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